Le handicap exclu de la conférence contre la pauvreté ?

8,6 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, en France. Parmi elles, au bas mot, 1,5 million sont handicapées. Et pourtant la situation des personnes handicapées risque d’être très peu abordée lors de la conférence sur la pauvreté et pour l’inclusion sociale, qui débute ce 10 décembre et se tient jusqu'à demain. Les rapports des groupes de travail préparatoires effleurent tout juste la question. « Dans le temps qui lui était imparti, le groupe n’a abordé les problèmes concernant les autres minima sociaux [que le RSA] que de façon très partielle », plaident les rapporteurs du groupe de travail sur les minima sociaux

Privilégiées avec 776 € ?


Tout juste notent-ils qu’il a « pris acte de la position de l’APF sur l’individualisation du droit (on ne prendrait plus en compte les revenus du conjoint), problème qui mérite un examen au fond sur l’ensemble de notre protection sociale ». Il est vrai que le montant de l'allocation adulte handicapé (AAH) a été revalorisé de 25 % ces cinq dernières années et que son montant (776 €) est largement supérieur au RSA (474 €). Mais il reste bien inférieur au seuil de pauvreté (964 € pour une personne seule). « Les personnes en situation de handicap ou atteintes de maladie invalidante ne pouvant pas ou plus travailler sont-elles condamnées à rester toute leur vie dans la grande précarité ?, s’interroge l’APF, dans un communiqué.

Ces personnes sont-elles des privilégiées comme semble le suggérer ces rapports ? »


Le groupe de travail sur la santé et l’accès aux soins a toutefois émis quelques propositions qui concernent, entre autres, les personnes handicapées. Et notamment « l’élévation progressive du plafond » de ressources (661 € aujourd’hui) ouvrant droit à la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), qui assure à ses bénéficiaires la couverture d’une très large part du reste à charge en assurance maladie. Ce plafond serait relevé « d’abord au niveau des minima sociaux (AAH et allocation de solidarité aux personnes âgées) pour atteindre ensuite le seuil de pauvreté ».


Ni pauvre, ni soumis dans la rue, à Toulouse


Reste à voir si cette proposition sera retenue par le gouvernement : le Premier ministre annoncera les principaux axes de son plan puriannuel contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, en clôture de la conférence, mardi midi.


L’antenne Sud-Ouest du collectif Ni pauvre, ni soumis, s’est rassemblée, vendredi 7 décembre, devant le siège du Parti socialiste de Haute-Garonne à Toulouse, pour réclamer la création d’un revenu d’existence équivalent au Smic pour les personnes que leur maladie ou leur handicap empêche de travailler. Une ultime tentative de faire entendre la voix des centaines de milliers de personnes pauvres en situation de handicap.


Article de Franck Seuret de Faire Face


Voir article "La Dépêche du Midi"

Manif de Ni Pauvre Ni Soumis devant le PS

Les commentaires sont fermés.