Cours. Voyants et malvoyants ont fait 1 800 km en tandem

Jean-Pierre Saillens mène le tandem à l'approche de Valparaiso au bord du Pacifique.

 

Jean-Pierre Saillens mène le tandem à l'approche de Valparaiso au bord du Pacifique.

aventure

 Jean-Pierre Saillens, de Saint-Michel de Cours, et ses onze coéquipiers ont réussi leur défi : relier l'Atlantique au Pacifique, de Buenos Aires à Valparaiso. Du 11 février au 10 mars, cinq tandems, composés de cinq pilotes et autant de passagers malvoyants ainsi que des assistants en utilitaire ont parcouru ces 1 800 km de routes. Jean-Pierre Saillens est membre de Tandem, sport, solidarité, une association nationale qui organise régulièrement des escapades de ce type en France. C'était la première à cette échelle. Nous l'avons rencontré à l'occasion d'un visionnage des photos du périple le samedi 29 mars.

Remis de ce voyage ?

Le retour à la vie normale a été un peu difficile après ce mois riche en émotions.

 

La vie de groupe a-t-elle été facile durant ce mois ?

Nous avons passé une semaine à bien nous connaître et à répartir les tâches. La suite s'est très bien passée malgré des moments très durs.

 

Quel accueil avez-vous reçu ?

Ce fut un accueil fabuleux : les Argentins et Chiliens sont des gens très serviables et chaleureux. À plusieurs reprises, nous avons été reçus par des municipalités, des associations de malvoyant ainsi que par des clubs cyclistes.

 

Comment avez-vous géré physiquement ces 1 800 km ?

Nous étions préparés à ce genre de périple, cependant deux journées ont été particulièrement éprouvantes : l'attaque de la Cordillère des Andes sous la pluie avec passage d'un col à 3 000 m d'altitude sur une piste en terre détrempée, avec vent fort et température glaciale, et le passage du col Christo Redemptor à 4 000 m d'altitude dans le froid, avec un manque évident d'oxygène qui nous a gênés dans notre progression. Malgré ces moments difficiles, nous n'avons jamais pensé à renoncer, l'aventure était trop belle.

 

Que retiendrez-vous de cette association voyants-malvoyants ?

Nos échanges ont été toujours très riches, chacun donnant à l'autre sa façon de ressentir les choses, nous, en leur décrivant les paysages et eux, en nous apprenant à sentir et écouter la nature.

 

Propos recueillis par  B. Bouillard de LADEPECHE.fr

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