Une puce intelligente implantée dans le corps pour une thérapie sans oubli et sans piqûre

Puce PhotoScott Brauer (MIT)[1].jpgInsérer dans le corps des patients une puce servant de pharmacie intelligente : c'est la prouesse technique que des équipes de chercheurs basées aux États-Unis (1) viennent de réaliser. Le dispositif, de la taille d'une clé USB, a été expérimenté chez des personnes souffrant d’arthrose. Implanté dans le corps des patients au niveau du bassin, il permet de libérer des doses de médicaments à intervalles programmés.


Pour le Dr Robert Farra, directeur de la société MicroCHIPS, à l’origine de la conception de l’appareillage et co-organisateur de l’essai clinique, « ce test mené chez l’homme a montré pour la première fois qu'il est possible de contrôler à distance une puce implantée dans le corps pour diffuser des doses de médicament. Grâce à cette innovation, transposable à un grand nombre de maladies chroniques, les patients n'auront plus à se souvenir de prendre leur médicament ou à craindre les douleurs répétées en cas de traitement à injections multiples ».

Contourner le problème de la motivation



En effet, à la différence de la plupart des puces programmées à l'avance, qui libèrent lentement de petites doses de médicament pendant une certaine période, ce nouveau système diffuse le traitement d’un coup, grâce à une commande à distance via un système sans fil. Les molécules libérées dans le sang agissent rapidement, comme dans le cas d’une injection.

 

L’autre avantage du système repose sur le fait qu’il signe la fin de la motivation à prendre la médication. Comme le précise Robert Farra, « une grande difficulté de la pratique médicale est d'être certain que les patients prennent leurs médicaments. Une étude a d’ailleurs montré que 50 % des patients ne se conforment pas à leur prescription de cachets, le taux grimpe à 75 % lorsque les personnes doivent s'injecter leur médication. » La délivrance des molécules se faisant automatiquement, le risque de manquement à l’observance thérapeutique disparaît.



Petit bémol, les puces utilisées jusqu'à présent ne peuvent contenir plus de 20 doses de molécules. Cependant, les chercheurs espèrent créer d'ici deux ans une version à 365 doses.



Article de O. Clot-Faybesse de Faire Face - Photo Scott Brauer (MIT)



(1) Associé avec des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et de la faculté de médecine de Harvard et l'Université Case Western Reserve (Ohio). L’étude est parue (en anglais) dans Science Translational Medicine.

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