Pradines. Tout pour faire oublier le handicap de Lucie

Lucie est aux anges. Jean-Guy Duranceau (à droite) a adapté son gîte et sa piscine./Photo, J.-L.G.

Lucie est aux anges. Jean-Guy Duranceau (à droite) a adapté son gîte et sa piscine./Photo, J.-L.G.

Gîte des Camps Grands

Vouloir, c’est pouvoir. La formule est connue, simple et plus facile à prononcer qu’à accomplir.

Pas pour Jean-Guy et Sylviane Duranceau, les propriétaires ingénieux et impliqués du gîte des Camps Grands au lieu-dit Cazes, à Pradines. Un toit qui possède les quatre labels tourisme-handicap : moteur, malvoyant, malentendant et déficient mental.

C’est la bonne adresse, la seule dans le Lot sous cette forme d’hébergement qui dispose d’une telle qualité d’accueil.

Situé peu avant l’aire de décollage des parapentes, ce gîte qui flirte avec les nuages a le don d’attirer depuis 3 ans, dans un cadre idyllique, Xavier et Christelle De La Bardonnie puis leurs filles Juliette (11 ans) et Lucie (15 ans). Celle-ci parvient à oublier le fauteuil sur lequel elle se déplace lorsqu’elle veut, par exemple, se rendre à la piscine du gîte en toute sécurité.

Le bassin et ses conditions d’accès sont conçus pour permettre à Lucie de profiter des joies de l’eau. «C’est la seule piscine du Lot qui présente de telles particularités. Dans notre gîte, toutes les installations sont aux normes favorisant l’accessibilité et le confort. Mais nous avons été au-delà de ces exigences, même si cela comportait un surcoût», souligne Jean-Guy Duranceau.

Il énumère la présence, entre autres aménagements, «d’un lit et de volets électriques, d’un éclairage automatique dans un couloir… Nous nous équipons en cherchant à nous adapter», précise-t-il.

Pour Christelle De La Bardonnie, «ce gîte, c’est notre seconde maison. Nous avions trois critères : l’accessibilité, une piscine et des chevaux tout près», détaille la maman de Lucie également très à cheval sur les mêmes principes. «J’aime l’équitation. J’ai pu monter un cheval au club l’étrier de Bégoux». Elle s’est aussi attardée auprès des chevaux qui évoluent près du gîte. Jean-Guy Duranceau est ravi. Mais il concède qu’il reste encore beaucoup à faire, partout.


«Rien n’est facile dans de nombreuses structures où l’accessibilité est impossible. On a l’impression qu’on rajoute du handicap au handicap», estime-il.


L’histoire du couple Duranceau et de leur fille Anne-Claire, dont le cœur parti vers d’autres cieux résonne toujours avec force dans leur esprit, plaide en faveur de ce genre de discours logique. Un discours qui consiste à réclamer attention, compréhension et surtout actions de la part des instances politiques. Parmi les futurs projets d’aménagements, un système pour fixer un fauteuil sur la balançoire du gîte est souhaité. Mais cela a un coût. Le conseil général du Lot ne se «balance» pas du sort des handicapés, même si aucune aide n’a encore été accordée à Jean-Guy Duranceau. Il n’est jamais trop tard pour réagir… et agir.


Les jolis défis d'une adolescente déterminée

Lucie a cette force inouïe qui fait souvent toute la différence entre certaines personnes dites valides et une autre handicapée : la force de croire en ses rêves. L’année prochaine, elle souhaite s’envoler dans le ciel des parapentes de Douelle le temps d’un baptême de l’air. Romain le moniteur du site et Jean-Guy préparent un dossier pour équiper le club d’une aile adaptée. Autre défi de Lucie : l’écriture d’ouvrages pour la jeunesse. «J’ai terminé un roman intitulé Sarah, la belle rose anglaise ». Je cherche un éditeur», lance-t-elle. C’est sans doute parce qu’elle a passé une partie de ses vacances tout près du ciel des parapentes que Lucie peut croire en la présence d’une bonne étoile dans sa vie pour l’aider à décrocher la lune. Déterminée, créative, il est facile de constater qu’elle peut progresser plus vite avec sa tête que n’importe quel valide avec ses jambes. À condition d’oser. Et elle ose.

À tes marques Lucie : prête… c’est parti ;-)

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