Personnes handicapées : leur Caravane nationale prend la direction de Paris

 

Yves-Eric Desmoulins et Chantal Vignolles préparent le passage de la Caravane à Caussade, avant de rejoindre Paris avec toutes les autres fédérations départementales le 14 mai prochain./ Photo DDM, F.D.
 
Yves-Eric Desmoulins et Chantal Vignolles préparent le passage de la Caravane à Caussade, avant de rejoindre Paris avec toutes les autres fédérations départementales le 14 mai prochain./ Photo DDM, F.D.
 
La Caravane de l'APF France Handicap passe par Caussade vendredi 10 mai. L'occasion pour ces personnes en situation de handicap de faire entendre leur voix, dans un contexte qui ne «connait pas de grandes évolutions».

On ne demande pas plus que ce à quoi nous avons droit !», résume Chantal Vignolles. Cette Moissagaise en situation de handicap représentera le Tarn-et-Garonne et le Lot dans la Caravane de l'APF France Handicap. Le mouvement lancé mardi dans tout l'hexagone veut en effet sensibiliser sur la place des handicapés dans notre société. «Emmanuel Macron avait fait du handicap une grande cause nationale, rappelle Yves-Éric Desmoulins, le directeur territorial des actions associatives de l'APF 82 et APF 46. Or, deux ans jour pour jour après son élection, rien n'a bougé ! Il y a même des droits qui régressent : la loi Elan (qui réduit la part obligatoire de logements neufs dits «accessibles» de 100 % à 20 %, N.D.L.R.) nous pose par exemple problème.»

L'allocation d'adulte handicapé (AAH) est également dans leur viseur : «Son montant devrait être porté à 900 € en novembre, bien en deçà du seuil de pauvreté fixé à 1 026 euros/mois, note le communiqué national. Les bénéficiaires vivant en couple ne profitent pas de cette revalorisation de l'AAH, et les nouveaux bénéficiaires sont privés du complément de ressources depuis le 1er janvier, soit 179 euros par mois.» Pour se rappeler aux bons souvenirs du désormais président, l'APF France Handicap a fait partir 22 minibus de toute la France pour rejoindre la capitale mardi prochain.

«Nous donner un poids supplémentaire»

Chantal Vignolles y prendra place vendredi, puisque le minibus s'arrêtera sur la place de l'espace Bonnaïs, en plein cœur de Caussade, en provenance de Montpellier, point de départ du sud dès mardi. «Mon rôle est de porter la parole et les revendications des personnes handicapées du Tarn-et-Garonne, explique la principale intéressée. La mobilisation nationale nous donne un poids supplémentaire. Pour chaque escale de notre parcours, il y aura un thème particulier abordé : les droits fondamentaux (le 9 à Montpellier, Narbonne et Albi), le logement (à Toulouse et Caussade le 10), bénéficier de ses propres ressources et vivre dignement (Limoges le 11), l'autonomie et son financement (le 23 à Blois) et les déplacements (le 13 à Versailles)», détaille Chantal Vignolles. Le tracé prendra fin place d'Italie, où l'association nationale possède son siège. «Un dernier défilé empruntera ensuite les artères parisiennes pour rallier notre siège à la place de la République, complète M. Desmoulins. L'APF France Handicap a également sollicité un rendez-vous avec le président de la République mais nous attendons toujours la réponse. Nous espérons que nos revendications seront au moins entendues en ministère…»

«Que deux phrases» lors du Grand débat national

La déception est encore plus grande à l'issue du Grand débat national lancé par le président à la suite de la crise des Gilets jaunes. «Nous avons incité nos adhérents à y participer en envoyant des contributions. Nous pensions que ce thème aurait pu être retenu, puisqu'élevé comme grande cause nationale. Et lors de sa conférence de presse, le président Macron n'a prononcé que deux phrases dessus», souligne Yves-Éric Desmoulins. «On se sent presque insulté, invisible en tout cas», termine Chantal Vignolles.

Source : Florent Duprat de  LADEPECHE.fr

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